| Groupe Xalam : Les raisons d’une séparation et d’un retour |
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Ils se sont quittés, il y a vingt ans. Au moment de relancer la
machine «mise en veilleuse», les membres du groupe parlent de la fin du
gel de leurs activités pour expliquer les raisons de leur retour.
Après l’histoire des errances, c’est le temps de la renaissance. Le
Xalam 2 reprend le micro, retouche aux instruments sous les espoirs
d’une carrière promise aux flamboiements pour lancer une «nouvelle
aventure» après vingt ans d’absence et de silence. Ils sont donc
revenus ensemble avec la conviction que rien n’a changé depuis leur
douloureuse séparation en 1987.
C’est vrai, il y a eu la parenthèse de 1997 à l’Institut culturel Léopold Sédar Senghor la conquête de son glorieux passé qu’ils avaient délibérément laissé aux vestiges de la musique sénégalaise. Finalement, l’envie de se «refaire plaisir ensemble» et de reprendre le bébé pour lui «redonner une nouvelle vie» a pris le dessus sur toutes les autres considérations. Au sein du groupe, on refuse de prononcer rupture ou séparation, on préfère plutôt parler de pause qui a curieusement assez longuement duré. Quelles sont alors les raisons de ce long stand-by ? Le «grand frère» et «guide spirituel» du groupe, et qui a été à l’origine de ses «retrouvailles inédites», explique comment le groupe, qui constitue une institution musicale africaine, s’est renaît de ses cendres : «On avait juste mis le groupe en stand-by et aujourd’hui on a appuyé sur la touche On et tout le monde est revenu même si certaines personnes ne nous ont jamais cru. J’ai trouvé un jour Souleymane (Faye) au Just 4 U lors de son spectacle et je lui ai dit : «Grand il faut qu’on reprenne, parce que l’ambiance me manque.» Comme nous sommes des talibés, nous avons dit Barké Serigne Touba, on va le faire. Le Xalam ne peut pas mourir complètement, parce que c’est un patrimoine culturel africain.» En tout cas, Diégo s’attendait à un travail de longue haleine pour reconstruire un groupe qui s’est dispersé à travers les quatre coins de la planète. Mais, il y avait cru parce qu’il avait «surtout marre» de la routine des cabarets et des jazz clubs qu’il fréquentait chaque soir en revisitant surtout le répertoire du Xalam. Même si, au départ, Diégo était assez sceptique, il admet à travers ce come-back, la fin de ses déboires de musicien désœuvré et mal rémunéré. «J’étais fatigué par les soirées parce que tu percevais des miettes. Ensuite, les concerts de spectacles et la grande scène m’avaient énormément manqué. C’est un grand plaisir de retrouver le Xalam, parce que je l’ai toujours souhaité. Honnêtement, je croyais que cela devait se faire avec beaucoup de millions, mais juste des coups de téléphone ont suffi», a dit Diégo. Jean-Philippe Rikiel, claviste du groupe, va au-delà des explications superficielles pour sortir les raisons de la rupture de ce groupe légendaire. Pour lui, la mort de Prosper Niang a «ébranlé» le Xalam qui avait pourtant atteint une maturité scénique à cette époque-là. «J’étais vraiment déçu par la séparation. C’était triste parce que la disparition de Prosper nous avait encore disloqués. Au moment de partir, j’avais pesé le pour et le contre. Chacun voulait voler de ses propres ailes et faire son propre business et ses propres affaires. L’envie de faire autre chose avait pris le dessus sur nous ; et aujourd’hui, l’envie de se retrouver nous a permis de revenir ensemble. Cela nous réjouit tous, même si je reconnais qu’au départ, je n’y croyais pas trop», avoue le Français. Leur chance est qu’ils n’ont pas souffert de l’érosion sociale et amicale de leurs relations humaines qu’ils ont su entretenir, nonobstant leurs séparation. Aujourd’hui, ils refusent de regarder dans le rétroviseur, la carrière résolument tournée vers l’avenir qu’ils espèrent prometteur. Le retour sur la scène après toutes ces années ne leur fait pas peur. Il s’agit surtout d’un projet qu’ils ont mis en forme, remodeler pour le rendre plus pérenne et viable avec des concerts un peu partout dans le monde, un projet de cassette dans quelques mois et aussi la fête des quarante ans d’existence du groupe l’année prochaine. Pendant plus de dix jours, ils se sont réfugiés à Saint-Louis pour lancer le nouveau départ, retremper dans l’ambiance d’antan et épouser un nouvel état d’esprit pour permettre au Xalam désaccordé ces dernières années de retrouver de l’élan, de l’allant et de l’aimant après «plusieurs nuits de stress, d’insomnie». «Nous avons choisi Saint-Louis par rapport à ses symboles, parce qu’elle a été la capitale de l’Afrique occidentale française et première capitale du Sénégal. En plus, Henri Guillabert (claviste) est de cette ville, nous avons voulu lui rendre cet honneur. A Saint-Louis, il y a moins de pressions et de regards inquisiteurs. Xalam est reparti pour de bon», rassure Cheikh Tidiane Tall. Seulement, chacun reste avec ses engagements pris ailleurs, même s’ils émettent tous sur la même longue d’ondes, tirent désormais dans le même sens et admettent que le Xalam 2 reste la priorité. Comme quoi, il n’y a pas de groupes à destins forclos, mais des responsabilités désertées. (Le quotidien) |

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