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Festival international de jazz de Saint-Louis : Des menaces sur l'édition 2008 ? E-mail
ImageLa bataille de tranchée fait rage entre les organisateurs du Festival international de jazz de Saint-Louis. D’un côté, le secrétaire à l’organisation et ses amis réclament le bilan de l’édition passée, convaincus qu’une gestion opaque préside à la conduite du festival annuel, de l’autre, le président dégage en touche de telles accusations.

Le Festival international de jazz qu'abrite depuis 1993 la ville de Saint-Louis serait-il en sursis ? L'on est tenté de répondre par l'affirmative sur la base de la bataille de tranchée qui fait rage entre le camp du secrétaire à l'organisation Marius Gouané et celui du président de la structure Ousmane Alioune Sarr. Tout compte fait, le feu couve dans les coulisses du Saint-Louis Jazz où les responsables s'acheminent vers des zones de forte turbulence.

Selon les uns, c'est un pilotage à vue, voire une gestion nébuleuse et opaque qui préside à la conduite de ce festival annuel. Pour les autres, malgré le retentissement de l'évènement culturel international, il faut d'énormes sacrifices pour pérenniser ce rendez-vous du jazz. A les en croire, l'organisation aurait dû déposer son bilan pour manque de moyens financiers.

Pourtant, pour Marius Gouané et compagnie, ils ne font que tirer la sonnette d’alarme : ‘C'est un Sos que nous sommes en train de lancer à tous nos partenaires et à tous nos sponsors’. Et Marius Gouané d’y aller de son chapelet d’accusation : ‘Saint-Louis Jazz est en train de mourir à cause de certains responsables qui ont disparu de la circulation. Aussitôt après l'organisation 2007, pas de bilan, aucune vie, le président et son équipe de trois personnes qui détiennent tous les documents financiers, ont disparu. Or, on ne peut pas organiser quelque chose de respectable comme le Saint-Louis Jazz et ne pas faire le bilan. Aujourd'hui, un bilan s'impose parce que nous avons été aidés par des partenaires du Festival et des sponsors ont travaillé avec nous. Durant le festival, nous avons reçu la participation des ambassades, les apports des partenaires du Nord Pas De Calais, sans oublier les dix millions que le président Abdoulaye Wade nous a donnés en 2005 entre autres. Tout nous passe par-dessus la tête. Nous n'avons aucune information.’

Le président de l'antenne régionale de l'Association des métiers de la musique, par ailleurs ‘membre fondateur du Festival de jazz que je sers depuis 1993’, renseigne, dans la foulée, qu'‘ils sont en train d'organiser, en catimini, le festival 2008 alors que nous avons reçu des lettres de revendications venant du président des Syndicats d'initiative du Sénégal et du représentant des hôteliers de Saint-Louis. Actuellement, tous les hôteliers sont réticents à l'idée de participer à l'édition de cette année tant qu'un bilan n'a pas été fait. Des gens sont partis en mission aux frais de la princesse, ont soutiré des sous à l'association arguant qu'ils ont prêté au festival, ont payé près de 500 mille francs à certains restaurants sur la base d'un arrangement... Le bureau est fermé, est dépourvu d'électricité et dla partie électronique avec l'ordinateur, les imprimantes et autres accessoires ont été démontés’, révèle M. Gouané. Fort de ce constat, le secrétaire à l'organisation du Festival international de jazz ‘lance un appel à tous les membres de Saint-Louis Jazz et à tous nos sponsors de se serrer les coudes pour que les assises du Festival se tiennent de sorte que l'équipe dirigeante rende compte à défaut d'être auditée’.

De son côté, le président incriminé dégage en touche. Selon Ousmane Alioune Sarr qui déclare n'avoir rien à se reprocher, le festival a survécu, ces dernières années, grâce à des alchimies et à la débrouillardise de ses dirigeants. ‘Pour l'édition 2007, nous n'avons pas reçu d'appui du président de la République, nous n'avons travaillé qu'avec deux gros sponsors et les institutions de la République. Pour les dates qui ont été retenues après l'édition de 2007 pour la période du 8 au 11 mai 2008, ça a fait l'objet d'une réunion avec nos partenaires et tous les membres ont été informés’, se défend-il.

Concernant la gestion, Saint-Louis Jazz a toujours fonctionné avec un seul compte. C'est cette année, précise M. Sarr, ‘qu'on a ouvert un autre compte à la Bicis pour la rapidité de certaines opérations et de l'encaissement de certains chèques que nous aurons à recevoir des partenaires. Pour l'année 2007, ça a été une catastrophe parce que le budget n'a jusque-là pas été atteint’.

Pour ce qui est du bilan demandé avec insistance par ses détracteurs, le président de Saint-Louis Jazz explique : ‘Il y a un retard sur la présentation du bilan parce que nous attendons encore des subventions qui n'ont toujours pas été versées aussi bien au niveau de la commune qu'au niveau de l'Agence nationale de la promotion touristique. Pour l'Anpt, le ministre avait pourtant apporté une rallonge jusqu'à 20 millions, mais nous n'avons rien reçu’.

Au surplus, poursuit Ousmane Alioune Sarr, ‘le Festival reste devoir des sous au gars qui s'occupait de nos comptes. Comme il n'était pas en mesure de continuer ce travail, nous nous sommes dirigés vers un autre cabinet qui est en train de travailler là-dessus’. Sur la base de ces déclarations, on peut retenir que ‘le Festival est déficitaire. Depuis six à sept ans, le Festival ne vit que des dettes qu'il éponge à la veille de chaque édition. Moi, j'ai trouvé une situation beaucoup plus catastrophique et je compose avec. Je mets tout en œuvre pour éviter l'année blanche. Le Festival International de jazz pouvait faire le dépôt de bilan depuis très longtemps, mais on se bat. Qu'ils me débarquent ou qu'ils me retiennent, cela ne me dérange pas parce que, même au niveau des membres, les convictions ne sont pas les mêmes. Je suis un des membres fondateurs et quand je suis revenu à Saint-Louis, j'ai vu que ça n'allait pas plus au niveau du Festival et j'ai accepté d'y apporter mon expertise, mes relations et tout. Jusqu'à présent, c'est cela qui m'anime’, annonce Ousmane Alioune Sarr.

Gabriel BARBIER (walf)

 
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