| DIAMS en concert à Dakar |
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La rappeuse française en concert à Dakar : Et Iba Mar devint Sainte Diam’s ParkEn concert, Samedi dernier au stadium Iba Mar Diop. Diam’s la rappeuse française qui cherche un mec mortel a rencontré une colonie d’inconditionel(le)s. Tout le monde a y pris son pied. C’est étrange, l’effet Diam’s. Il suffit qu’elle ouvre la bouche pour électriser les foules juvéniles. La chanteuse française exerce une fascination presque magnétique sur le jeune public. Ils étaient généralement des ados, ceux qui ont assisté à son show de samedi dernier, son deuxième à Dakar. Plus souvent des jeunes filles. C’est à soupçonner qu’elles ont toutes passé l’année scolaire à bûcher les textes de la rappeuse pour restituer devant elle à Dakar. Quand Diam’s chante, des liasses de fans reprennent les refrains. Mot pour mot, ses lyrics sont repris dans les travées et sur le gazon comme des versets. La Diam’s attitude contient également son paquet de charme. C’est une coupe à la garçonne, un haut brodé du drapeau sénégalais sur un jean moulant. Pas vraiment sexy, elle est un poil en dessous de la pudeur moyenne du milieu hip hop. Elle est loin par exemple des icônes du rap américain. Côté plastique, Diam’s n’est franchement pas la ‘meuf mortelle’. Elle ne s’habille pas de façon décalée, mais un peu comme la petite amie de tout le monde. Et, sur scène, c’est pareil que dans ses clips qui passent en boucle sur les télévisions câblées : C’est très branché, très rythmé et très dansant. Diam’s est une véritable boule d’énergie. Ses concerts sont une machine à brûler des calories. Sur le podium d’Iba Mar Diop, elle a dû avaler des kilomètres samedi dernier, lassant parfois son public. Côté textes, la rappeuse cultive aussi un style atypique. Elle est à mi-chemin entre la romance orientale et le manifeste pour mouvement révolutionnaire. Originaire de Nicosie (Chypre), la jeune demoiselle biberonnée aux chansons sucrées de Francis Cabrel et aux messages militants de Ntm, propose un bréviaire de bons sentiments naïfs et fustige la violence, la haine, le racisme. Avec un phrasé ultra tendance, elle manie un jargon d’ado qui laisse sur les carreaux les adultes égarés dans une foule acnéique en extase. Extraits : ‘Laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec, j'suis pas d'humeur à c'qu'on m'prenne la tête’. Le langage de Diam’s est fait de niches de douceurs. Chaque fan semble y retrouver sa part de vérité, sa tranche de vie. Sur un ton volontairement engagé, elle est aussi capable de décocher des flèches acérées en direction de Marine Le Pen, la fille de son père Jean-Marie. Et elle fait rimer, sans gêne, Sarko avec démago ou facho. Pendant près de deux heures, le phénomène Diams a donc marché en plein régime. La recordwoman des charts français a mené tambour battant, avec un dj et un choriste, un show clos en compagnie d’un certain Youssou Ndour, un peu perdu du reste. L’effet Diam’s sans doute ! Ce n’est qu’à la fin du concert que le ciel a ouvert ses vannes et arrosé une soirée euphorique attisée par la victoire des ‘Lions’. Seule ombre au tableau : le public. L’affluence était respectable, mais elle doit être en deçà des attentes des organisateurs. Sans doute, le calendrier surchargé du dernier week-end avant le Ramadan y a joué. Sans compter l’absence des ténors du rap sénégalais. A l’exception de Malal Talla ‘Fou Malade’, auteur d’un court bœuf avec Viviane Chédid, en première partie de concert. Pour le lever de rideau du concert, le casting a été très féminin avec Titi et Ma Sané en play back. Abdou Rahmane MBENGUE (walf.sn)
Mélanie Géorgiades ‘Diam's’ rappeuse française : ‘En France, je suis en danger’ En fait mon histoire est un peu bizarre. Je suis née à Chypre au Moyen orient d’une mère française. J’arrive en France sans souvenir de mon pays d’origine. J'ai grandi sans père, ni frère, avec une mère qui galère pour que je mange à ma faim. Et Dieu merci j’ai toujours mangé à ma faim. C’est très important de le dire. J’ai une mère qui écoute toutes les musiques, qui travaille dans le domaine musical, dans l’événementiel qui n’a rien à voir avec la production. Ce qui fait qu’il y a toujours eu de la musique à la maison. Je crois qu’on n’est rien sans rien, le fait d’avoir grandi avec Michael Jackson, Francis Cabrel m’a fait aimer les mots. Puis à 10, 12 ans, on a la rébellion en soit, on commence à écouter du rap à l’école, je suis fans de Ntm. J’ai des potes qui m’invitent à former un groupe de rap, ils écrivent les textes et je le ‘rappe’ , je commence par la suite à recopier leurs textes et enfin à écrire mes propres textes. Un jour, dans ces concerts de banlieue, je rencontre Yannick qui me présente au groupe Mafia. Par la suite, Yannick devient rappeur avec sa reprise de Claude François qui cartonne, et tout le monde me connaît. Un jour, j’ai ‘rappé’ par téléphone lors d’une émission et le mec me dit : ’jeune homme c’est bien ! ’ Je lui dis non je suis une femme, il me dit de (re) rapper et je le refais et il me demande de passer. C’est comme ça qu’à démarrer ma carrière. C’est cette radio Génération à Paris qui m’a révélé avec des mecs comme Bouba aussi. Motif du concert à Dakar et en Afrique Je fais cette tournée africaine dont le Sénégal ne pouvait pas être exclu, car il m’a reçu, il y a trois ans pour un concert qui s’était bien passé. J’avais un pari à faire une tournée internationale. Et jusqu’à présent cela s’est bien passé, j’ai découvert un public qui connaît bien mon album. C’est quelque chose qui m’a touché. Je joue dans des boîtes, je n’ai pas toujours le temps de faire des tournées. Et aussi les tournées demandent beaucoup d’argent, de l’organisation. Je remercie Youssou Ndour qui nous a beaucoup aidé, car c’est quelqu’un qui a de l’influence. Cela nous a permis d’amener plus de personnel. Je suis avec mon ingénieur de son et de lumière, etc. Prises de position politique Je n’ai jamais été pour quelqu’un. J’aurais été contre Nicolas Sarkozy oui. Mais il faut savoir que Ségolène Royal, ce n’est pas moi qui l’est choisie, ce sont plutôt eux qui m’ont choisie. En politique aujourd’hui en France, je ne me sens pas représentée. Je me sens maintenant en danger. C’est vrai, j’ai voté Ségolène pour contrer Nicolas Sarkhozy. Mais pas forcément pour voter Ségolène Royal, même si au-delà de ça, elle n’est pas quelqu’un qui me dérange en soi, même si cela m’énerve qu’elle n’ait pas plus de poigne. J’ai toujours prétendu ne pas faire de la politique. C’est super important pour moi de le dire. Parce que avant tout je fais de la musique, je fais du rap qui est une musique qui a un message, une musique sociale qui parle de ce que je vois, de ce que je connais et forcément elle a des allures engagées. Mais ce n’est pas pour autant que je fais de la politique. Politique de Sarkozy On voit que Nicolas Sarkozy vient de loin, il est là maintenant. Moi je fais partie en quelque sorte de l’opposition. Je suis rassurée dans ce sens car je vois que des millions de personnes n’ont pas voté pour lui. On est quand même dans un pays où tout le monde n’est pas d’accord avec cette politique. J’espère que cela ne sera pas trop répressif, trop radical, j’espère encore que s’il y a des lois votées qui sont ‘inhumaines ’, on sera de nombreux citoyens à protester et à faire en sorte que cela ne passe pas. Mes priorités, c’est peut-être parce que j’ai 27 ans, le plus important c’est l’éducation, la santé, le travail. Ce sont des préoccupations de jeunesse qui ne sont pas forcément la même chose pour un père de famille de 45 ans qui galère. A côté, on lui promet du travail, qu’il va déménager pour habiter dans une grande maison, là je peux comprendre son vote. Hostilités avec le rappeur d’origine sénégalais Bouba Les origines moi-même, je ne les connais pas. Bouba, m’avait contacté pour porter une marque. J’ai accepté gracieusement de le faire, car j’aimais plus porter une marque qui vient de chez nous. Un jour j’allume la télé et je vois qu’il a un problème avec moi. C’est comme quelqu’un qui vous donne la main tous les jours et un jour il refuse de le faire. Bouba est quelqu’un que j’apprécie et que j’ai cité dans mon album, il le sait. Peut-être qu’il a mal pris le fait que je vends plus de disques que lui, je n’en sais rien. Personnellement, je ne suis pas en guerre ou quoi qu’il en soit. Je trouve dommage que quelqu’un qui prétend être le miroir du rap français se permette de cracher sur des petits. Il faut lui demander, car je sais qu’il a eu tout d’un coup une haine contre moi. Alors que moi je vends mes disques, je fais les mêmes émissions que lui. Vous savez, on a commencé le rap en même temps, dans les mêmes radios il y a dix ans. Il sait d’où je viens. Moi, je sais d’où il vient. C’est de la jalousie soudaine et je crois que cela va se calmer bientôt. Ce qui nourrit mon rap C’est la rage de n’avoir jamais connu mon père. Le fait que la moitié de ma famille ne parle pas français et ne connais même pas la France. Je suis très orientale et le rap est venu un peu comme cela en moi. Je suis fière de mes origines avec une mère qui m’a toujours aidé à garder les pieds à Chypre. Tout cela a nourri mon rap. Par la suite, j’ai commencé à m’intéresser aux choses de la vie, à cette politique qui terrasse les adultes, à ce problème d’intégration dont on parle à des gens nés en France, l’école qui va mal, etc. Le rap est venu petit à petit à moi. Le rap a été une thérapie, il m’a permis de surmonter des choses. Lorsque j’ai commencé une histoire amoureuse très douloureuse, je le dis dans une chanson Ma souffrance, que j’ai été victime de violence conjugale et toutes ces choses-là et c’est le rap qui permet d’éviter d’aller chez un psychiatre. C’est bizarre, mais la musique m’a permis d’effacer beaucoup de choses. Le mec mortel (Rires…), Le mec mortel je le trouverai peut-être à Dakar qui sait. Il n’est toujours pas là. Propos recueillis par Fatou K. SENE (walf.sn) |

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